Il y a des années qui passent. Et puis il y a celles qui laissent une trace. 2026 risque fort d’appartenir à cette seconde catégorie, si l’on se fie au calendrier chinois. Nous entrerons le 17 février dans la nouvelle année du Cheval de Feu.
Si le Cheval, symbole de liberté et de mouvement, revient tous les 12 ans, il se combine à chaque cycle avec l’un des cinq éléments.
Il faut ainsi 60 ans pour retrouver exactement la même configuration de signe et d’élément.
La dernière fois que nous avons traversé une année similaire remonte à 1966 (et la plupart d'entre nous n'étions pas nés).
Le Cheval de Feu n’est pas une énergie de compromis. Il est doublement Yang. Yang par la nature du cheval et Yang par le feu. Il n’est ni tiède, ni discret, ni patient.
Il incarne l’élan vital à l’état brut, le besoin irrépressible de mouvement, de liberté et de vérité incarnée. C’est une force de mise en action, d’affirmation et de rupture.
Elle pousse à sortir des cadres, à dire non, à agir, à brûler ce qui n’est plus vivant.
En 1966, le monde est déjà fragile, mais il tient encore debout par inertie. Les structures de l’après-guerre sont toujours là, solides en apparence, mais vidées de sens pour toute une génération.
Cette année-là, le Feu ne surgit pas encore partout…
il s’accumule.
En Chine, le pouvoir politique active brutalement cette énergie avec la Révolution culturelle :
un Feu idéologique absolu, porté par la jeunesse, chargé de détruire l’ancien monde pour imposer une vision unique.
Le Cheval est lancé au galop, mais sans rênes, sans Terre, sans Eau pour tempérer.
En Europe, rien n’explose encore, mais tout se tend.
La France affirme brutalement sa souveraineté en se retirant du commandement intégré de l’OTAN.
L’Allemagne voit émerger une génération qui refuse le silence sur le passé.
À l’Est, dans les pays du bloc soviétique, le Feu intellectuel couve sous la glace autoritaire.
1966 est une année de compression.
Deux ans plus tard, en 1968, il explosera.
1966 n’est pas seulement une date dans les livres d’histoire.
C’est une mémoire du feu.
Elle nous rappelle ce qui arrive lorsqu’une énergie de rupture, de vérité et de liberté n’a pas d’espace sain pour circuler. Lorsqu’elle est comprimée, instrumentalisée ou niée, le Feu finit toujours par se frayer un chemin — souvent de manière brutale, s'il n'a pas déjà tout consummé.
Deux ans plus tard, le monde explosait.
Non pas parce que 1968 surgissait de nulle part,
mais parce que 1966 avait déjà tout préparé.
Soixante ans plus tard, le Cheval de Feu revient.
Elle nous demande autre chose :
lui offrir un espace juste pour brûler.
Un espace où la vérité peut se dire sans détruire,
où le mouvement peut exister sans épuiser,
où la liberté peut s’incarner sans chaos.
Le Cheval de Feu n’impose pas une direction.
Il oblige à choisir.
Choisir où nous mettons notre énergie.
Choisir ce que nous refusons de porter plus longtemps.
Choisir ce que nous voulons faire naître, et à quel prix.
Le Feu ne demande pas la perfection.
Il demande du courage, le rythme et la conscience.
Agir avec cœur, mais avec rythme.
Avancer, sans se consumer.
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